Texte N°12 par Valérie WARIN

Publié le 6 Août 2013

Le 25 Mai 2030

Je n’ai rien oublié du passé.

Rappelle-toi Tahina
Il ne pleuvait pas sur Haïti ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie réjouie ravie
Sous ce soleil un peu bas
Rappelle-toi Tahina
Il ne pleuvait pas sur Haïti ce jour-là
Et tu courais après ton papa
Tu souriais
Et moi je souriais aussi de vous voir ainsi
Rappelle-toi Tahina
Toi qui ne connaissais rien de la vie
Moi qui ne connaissais rien de cette vie

Rappelle-toi
N'oublie pas…

Non je n’oublie pas, je n’ai rien oublié ! Ni ce jour, ni ceux d’après… Depuis, il pleut dans mon cœur, il vente dans ma tête… Je suis une vraie tempête.

Je me souviens de toi, ma Tahina…

Aujourd’hui est une belle journée, je suis sur la jetée d’une plage de Belgique. Rien n’a changé depuis toutes ces années où je vous ai quittés. Nous sommes le 25 mai 2030, j’ai bien vieilli. Mes cheveux sont passés du jaune à un joli gris. Mon visage s’est creusé, mais je ne fais pas mon âge. Mes mains, que tu aimais tant regarder, ont bien flétri.

J’aime souvent venir me promener, quand le soleil pointe le bout de son nez, sur les bords de mer. Tout est beau. Il y a toujours du monde, je ne suis pas, de ce fait, vraiment seule. Le soleil est lui aussi au rendez-vous, mais ça tempête toujours dans ma tête.

Je me balade, lentement, tranquillement, pour oublier, pour vous aimer… Je me balade par ce joli mois de mai sur les bords de cette jetée, non loin du casino. Il ne fait pas trop chaud. Je m’approche et prends appui sur la rambarde d’acier. Elle longe une partie de la promenade. Elle s’est patinée avec les embruns, le vent, le temps. Un peu comme moi. Je veux admirer la mer, l’horizon, et voir au loin. Je veux voir la terre… MA terre !

- Oh ! Mon Dieu !

Je m’arrête, stupéfaite, tenant d’une main la rambarde pour ne pas chavirer, et de l’autre mon cœur qui n’a fait qu’un tour dans mon corps. Il bat la chamade, il s’emballe, ma vue se trouble de larmes. Mes jambes ont bien du mal à me soutenir. J’entends… J’entends au loin cette femme appeler son enfant.

- Léa, ne t’éloigne pas !

- Promis maman, je ne bouge pas de là ! Regarde, je me suis fait une amie ! crie la petite fille.

- D’accord, je m’assoie ici. Je lis ! répond la mère de Léa.

C’est une jolie petite fille Léa, les cheveux blonds comme les blés, tout bouclés, luisant à la lumière de l’astre solaire. Elle a environ 8 ans. Elle joue tranquillement avec une petite fille au teint ambré.

- Oh mon Dieu, je pense que tu m’en veux, pourquoi m’infliger cette image-là ? Pourquoi ? Je pense tout haut. Je n’ai pas lâché la rambarde. Je me suis accroupie, trop émue, trop d’émotions, trop de souvenirs viennent de resurgir. La vue de ces deux enfants m’a fait chavirer, je suis anéantie de chagrin.

Je n’ai pas vu arriver le jeune couple.

- Puis-je vous aider, madame ? demande le jeune homme qui s’est agenouillé pour me relever.

- Non, non… lui répondis-je sans le regarder.

Mes larmes coulent encore et encore.

- Voulez-vous que j’appelle quelqu’un ? De la famille ? Un…

Il n’a pas le temps de finir, je l’arrête de la main, mais je ne peux plus dire un mot : l’émotion. Je ne peux faire aucun pas, je suis figée.

- Mais… Ma chérie, va nous chercher une chaise, cette dame doit se reposer un moment.

Sans me lâcher, il me parle doucement.

Toutes les chaises de la promenade sont occupées. Normal, par ce temps. Alors, elle se dirige vers un restaurant, explique la situation et demande si elle peut emprunter une chaise. Le propriétaire, compréhensif, accepte sans sourciller. Malgré le monde sur sa terrasse, et le travail, il regarde cette jeune femme se diriger vers moi et son fiancé.

- Asseyez-vous, Madame ! Ne vous inquiétez pas, je vous tiens, dit le jeune homme d’une voix douce et paisible. Vous pouvez lâcher la rambarde, ayez confiance : je suis là.

Je le regarde enfin, je ne veux pas partir de là. Il le comprend, approche au plus près la chaise. Je peux encore les voir, moins bien, mais… Je les regarde tous les deux, ces amoureux, inquiets de me voir pleurer, inquiets de ne pas m’entendre leur parler. Lui dans des vêtements de grandes marques, mais sans trop en imposer. Elle, elle a de longs cheveux roux, un visage aux traits très fin et des yeux magnifiques. Une petite robe légère, un sac en bandoulière, un sac de grande marque, un de ses sacs que les jeunes s’arrachent. Ils sont beaux, tous les deux.

- Ça va mieux ?

- Oui, merci Mademoiselle… Je suis navrée de vous avoir dérangés. Mais…

Les émotions. Je m’arrête et regarde au loin, très loin…

- Je… Ne vous inquiétez pas, les souvenirs sont parfois très douloureux, trop douloureux. Et ces deux jeunes filles, là-bas - je dirige mon visage vers Léa et son amie, assises dans le sable fin -, elles me rappellent de bons souvenirs… Avant… Oui, avant la fin !

Je vois arriver le gérant du snack un grand verre à la main. Il me le tend en disant :

- Prenez ça, ma bonne petite dame, ça va vous remonter, dit le restaurateur d’un ton ferme.

Je veux protester, mais il me force un peu

- Il n’y a pas une goutte d’alcool, dit-il avec un grand sourire. Juste des fruits. Des fruits frais, des fruits qui viennent du pays du soleil, des îles… Allez, buvez et vous me direz !

Il repart d’un bon pas. Ce bonhomme aime, apparemment, la bonne cuisine. Son embonpoint parle pour lui, mais il le porte bien.

Ils ne se doutent pas, aucun d’eux ne se doute de ces souvenirs… Je bois une petite gorgée de ce nectar… Hummm ! C‘est délicieux. Je ferme les yeux. Seule la main de ce jeune homme me retient encore au présent. Je la vois, cette petite chipie. Qu’est-ce que je l’aimais ! Je l’entends encore, elle résonne dans ma tête, elle est là, gravée, comme les sillons d’un vieux vinyle. Parfois, sa voix est un peu rayée… Mes yeux se sont remis à pleurer. Je reviens dans le présent.

- Allez, jeunes gens ! Merci pour votre compassion. Je vais bien, un peu de ce breuvage, du repos et je rentrerai doucement.

- Nous ne sommes pas pressés. Nous attendrons un peu. Regardez, deux chaises se sont libérées !

- Nous allons rester avec vous un petit peu, comme ça, vous nous raconterez votre histoire. J’adore les histoires.

Il se dirige vers deux chaises qu’il ramène, puis, une fois son amie installée, retourne vers le restaurant et en revient avec deux cocktails, le même que celui que le gérant m’a offert. Il s’installe, boit doucement, attend patiemment. Il attend mon histoire. Je retourne à ces deux demoiselles. Qu’elles sont belles !

- Racontez-nous, s’il vous plaît !

- Hummm, je ne sais pas… Ce sera long, très long…

- Eh bien, commencez par le début, le tout début… J’ai appris depuis longtemps que les gens sans âge, les gens qui ont vu passer le temps, les gens qui ont de beau cheveux blancs, ont toujours de belles histoires. De ces histoires qu’on aimerait lire du matin au soir. Alors, ne vous faites pas prier, je me languis d’avance de ce que vous allez nous dévoiler.

Je souris.

- Bien, mais vous n’êtes pas partis ! Ce sont ces deux petites filles... Elles me rappellent une île, une vie, du bonheur, mais aussi un grand malheur…

Une petite gorgée de cette boisson légèrement sucrée me donne du courage. Moi qui n’en ai jamais parlé, qui n’ai jamais dit un mot sur ce qui s’est passé... Jamais ! Alors, pourquoi maintenant ? Pourquoi à ces deux jeunes gens ? Je ne sais pas vraiment, mais il faut, il faut extérioriser toutes ces images du passé. Alors, je commence doucement.

- Je suis née pas loin d’ici, une ville du nord de la France, à Lille plus exactement. Une ville que je ne connais que depuis peu, puisque toute mon enfance, je l’ai passé sur une île. Une île merveilleuse, une île paradisiaque, même s’il y régnait beaucoup de pauvreté. Mes parents aimaient voyager. Ils avaient la bougeotte, mais lorsqu’ils sont arrivés sur Haïti, ils ne sont plus jamais repartis. J’ai grandi dans une magnifique demeure, avec un immense jardin, une nounou merveilleuse. Les odeurs… J’adorais les odeurs du jardin, surtout après une pluie d’orage. Les bananiers, nous avions des bananiers dans le parc. Chaque matin, Maya - c’était le nom de la nounou -, allait cueillir une banane, pour mon petit déjeuner. Je raffolais de ce moment-là.

- Comment était votre maison ? demande-t-il.

- Mais parents étaient de condition aisée. Ils avaient hérité… Et avec la vente d’une maison en France et d’autres biens, ils avaient pu s’offrir cette belle villa. Mon père était médecin, il gagnait bien sa vie, même s’il n’était pas le dernier à prodiguer des soins de façon bénévole aux plus pauvres, lorsque ceux-ci ne pouvaient plus payer. Oui, c’était une magnifique villa. Beaucoup nous enviaient. Non seulement nous avions un magnifique jardin, mais aussi une piscine avec vue sur la mer. Qu’est-ce que je me suis amusée avec mes amis... J’ai grandi heureuse, là, dans cette demeure aux allures coloniales, dans ce cadre enchanteur. J’ai grandi et la petite fille est devenue une belle jeune fille, sans me vanter. Oui je sais, aujourd’hui les années ont passé et j’ai bien changé… Non, non ne dites rien, ça me vexerait, dis-je en lui prenant la main.

Je reprends :

- Donc, me voilà jeune et jolie. « Une jeune rose qui vient de s’ouvrir », comme disait mon cher père. Là, j’ai rencontré un jeune homme très beau, au teint cuivré. Le fils d’un ami de mes parents. Le coup de foudre… Oui, c’est bien cela, nous avons eu le coup de foudre l’un pour l’autre à l’instant où nos regards se sont croisés. Nous avons commencé à nous fréquenter, sans rien de plus, puis l’amour s’en est mêlé, plus fort que tout. Il nous a envahis. Nous adorions nous balader, main dans la main, dans Port au Prince ou sur les plages de sable fin. Parfois, nous restions assis l’un à côté de l’autre, sous un cocotier, et nous regardions la mer, les pêcheurs, les enfants se baigner. Puis un jour, nous nous sommes mariés. Nous étions heureux. Il avait fait des études de journalisme et travaillait en indépendant pour deux quotidiens, Le Nouvelliste et Le Matin. Il aimait ce travail. Parfois absent plusieurs jours pour couvrir un événement, nous nous aimions que plus lorsqu’il revenait. Puis, une surprise est arrivée : un bébé. Nous étions les plus heureux au monde. Mon père, fou de joie, nous a offert une villa à côté de la leur, plus modeste. Je ne voulais pas d’une maison trop grande. Mais d’une beauté… Il avait tout prévu, sauf une piscine, il ne voulait pas que le bébé puisse tomber et se noyer. Huit années sont passées. Nous vivions en harmonie avec la nature, le pays, les Haïtiens. Notre fille allait à l’école près de chez nous, avec les enfants de toutes catégories. Elle adorait son école, elle avait appris le créole haïtien. Elle aimait me parler dans cette belle langue lorsqu’elle était en colère. Elle savait que je ne comprenais pas tout…

Je souriais.

- Pourquoi ce petit sourire sur votre visage ? demande le jeune homme.

- Oh… Je me souviens la fois où elle hurlait en créole. Elle était dans une vraie colère. J’avais refusé qu’elle aille dormir chez une de ses amies. Tahina, ma fille, avait attrapé la varicelle. Seulement, sa colère était telle qu’elle n’avait pas vu que son père venait de rentrer. Il m’avait fait signe de ne rien dire. Une fois sa colère passée, elle a pivoté et s’est retrouvée nez à nez avec lui. Oh là là ! Elle a entendu parler du pays ! En fait, ses mots n’avaient pas toujours été très polis. Je m’en souviens comme-ci c’était hier. Qu’elle chipette ! Tahina, avait mes cheveux, blonds, et une peau légèrement bronzée. Une belle petite fille… Oh, je ne dis pas cela parce que c’est… Pardon, c’était, ma fille, non. Tous les gens le disaient. En plus de ça, elle avait la main sur le cœur, prête à tout donner pour ne plus voir de pauvreté.

Je fis une pause, bus et laissa mon regard se perdre dans le bleu de la mer. Je revoyais ma fille courir après le chien dans le jardin de son papi, ou couper les fleurs de sa grand-mère, toutes ses orchidées, pour faire un bouquet pour mon anniversaire… Je me souviens de la tête de ma mère. Je ne me suis jamais ennuyée avec mon bébé. Non, jamais.

- Vous devez être fatiguée, nous allons vous laisser. Mais nous aimerions connaître l’épilogue de votre histoire, dit le jeune couple.

- Non je vais bien, mais si vous avez…

- Non, bien au contraire, dis la demoiselle.

- Bon, je vais terminer. Donc, tout allait bien pour nous, jusqu’au jour où le ciel est tombé sur la terre, enfin… C’est plutôt la terre qui s’est déchaînée sur nous. Ce mardi-là, Noa, mon époux, avait rendez-vous au palais présidentiel. Tahina était à l’école. Vers 16h30, je m’y suis dirigée pour l’attendre à la sortie. Je ne suis jamais arrivée. Un tremblement de terre est arrivé. Il m’a paru durer une éternité... Tout, tout autour de moi s’effondrait, s’écroulait, s’entassait. Les gens criaient, pleuraient, se protégeaient. J’étais au milieu de la route, c’est ce qui m’a sauvée... Par contre… Oh mon Dieu, si vous aviez vu ça… Si vous aviez été là ! Une fois fini, je n’ai rien reconnu, je n’ai rien compris. Ma montre m’indiquait qu’une seule minute s’était écoulée. Pourtant plus rien, il n’y avait plus rien, ou presque. Apeurée, je courus dans la direction de l’école de Tahina. Lorsque je suis arrivée… L’école ? Il n’y avait plus d’école ! Les parents hurlaient, les enfants pleuraient… Je me suis précipitée pour aider ceux qui, déjà, ôtaient les décombres. Il fallait les sauver. Les premiers sont sortis… Morts ou tout comme… Je priais, tous nous priions. Le Notre Père, l’Ave Maria… Puis, les cris venaient troubler les prières et les espoirs. Les hurlements des mamans déchiraient l’air, la terre... J’espérais… Mais mon espoir fut vite déçu. On me tendit un petit corps meurtri, un petit corps sans vie… Tahina était là, son petit corps froid, ses membres ballants, la vie l’avait quittée. Je n’ai pas pu pleurer. Je n’ai pleuré que des mois après… Oui, bien après…

Je m’arrête de conter un moment. Les larmes sont revenues. Elles coulent sans rien dire, sans que je ne l’aie demandé. Le jeune homme m’a repris les mains comme pour les réchauffer, comme pour me soulager. J’ai peur, j’ai peur des images qui sortent de cette boîte…

- J’ai pris ma fille à bout de bras. Je l’ai regardée, embrassée, posée sur le sol. J’ai prié longtemps, jusqu’à la nuit tombée. Puis, je suis rentrée, sans vie. Rentrée là où il y aurait dû avoir une maison. Mes parents, eux aussi, étaient décédés. Quant à mon mari, ce n’est qu’une semaine après que j’ai compris qu’il ne reviendrait pas. J’ai enterré tous les miens. Puis, j’ai aidé tous ceux qui en avaient besoin. Pas un mot, pas un son n’est sorti de moi pendant très longtemps. Puis un jour, j’ai décidé de revenir ici, dans le pays où je suis née. Ils sont restés là-bas. Enfin, leur corps. J’ai emporté avec moi leurs rires, leurs sourires, leur joie. À chaque instant, je les entends.

- Puis je vous poser une question ? demanda le jeune homme

- Bien sûr.

- Qu’est-ce qui, aujourd’hui, vous a mis dans un tel état ?

- Ces deux petites. J’ai vécu la même scène trait pour trait dans un bel hôtel de République Dominicaine. Des amis, ceux qui m’ont accueillie à mon retour d’Haïti, sont venus passer quelques semaines dans cet hôtel. Invités, nous y sommes allés plusieurs jours. Tahina s’y était faite une amie. Celle-ci était couleur café, avec de beaux cheveux frisés. Elle venait souvent sur les plages, non loin des plages privées de cet hôtel. Elles ne se comprenaient pas, mais ont passé de très bons moments. Des cadeaux, Tahina en a fait à son amie de cette époque ! Bracelets, livres, peluches… Puis un jour, il a fallu partir. Pour la remercier, le papa de son amie lui a coupé une très belle noix de coco toute fraîche. Tahina eu beaucoup de plaisir à recevoir ce présent. Elle en a gardé un très bon souvenir. J’ai pris des photos, j’en ai une d’ailleurs. Vous voulez la voir ?

Ils firent oui de la tête, avec des milliers de paillettes dans les yeux. Je sortis mon portefeuille. Là, une belle photo, un peu jaunie par le temps. Dessus, deux enfants…

- Mais… Mais on dirait…

Le jeune homme pointe du doigt la scène qui se dessine sur le sable de la plage de Belgique, en contre-bas.

- Oui, vous comprenez maintenant ce tourment ? Regardez ! C’était ma maison, mon mari, et voilà des photos de ce superbe pays qu’est Haïti !

Je leur montre d’autres photos.

- Là, c’est nous deux, devant un monument de Port au Prince…

Les deux jeunes sont dépités.

- Madame, je vous comprends mieux maintenant. Mais pourquoi être rentrée ?

- Plus rien ne me retenait là-bas, à part la beauté du pays, l’amour que les habitants me donnaient et puis le travail que j’effectuais... Mais le chagrin a eu raison de tout cela…

Nous sommes restés ainsi un long moment. Nous sommes restés à regarder l’horizon. Le soleil commença à se coucher.

- Nous allons prendre congé, Madame.

- Bien sûr, mes enfants. Il est temps pour vous de reprendre votre route. Vous avez fait le plus grand bien à une vieille dame.

Ils m’ont saluée en direction du soleil d’été. Je les ai regardés, puis, à mon tour, suis rentrée.

Je ne le saurai jamais, mais ce jeune homme était un écrivain de renom. Il a tellement était touché par mon histoire qu’il en écrira un roman. Roman qui aura un très grand succès. Il voudra me l’offrir. Il cherchera à me retrouver. Quand, enfin, il parvint à savoir où j’étais, ce fut pour apprendre que je mourus dans la nuit qui suivit mon récit, un jour de mai sur la jetée d’une plage que j’aimais.

Aux termes de l’article L. 122-5 et 3e, L. 122-4 et L. 355-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Toute reproduction, dans le cadre d’une utilisation collective, intégrale ou partielle, faite sans le consentement préalable de l’auteur ou de se ayants cause, serait illicite et constituerait une contrefaçon sanctionnée par la loi en vigueur propre au Code de la propriété intellectuelle.

Rédigé par tout zanmi Ayiti

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